Nous sommes tous engagés dans des épreuves à divers moments de notre vie. Je ne parle pas ici des épreuves douloureuses que nous n'avons pas décidé de vivre, mais des épreuves choisies volontairement, que je pourrais qualifier de « bonnes » : une mise en situation professionnelle pour évoluer, la candidature à un diplôme certifiant, un challenge sportif pour se dépasser. Bref, accéder à plus, plus beau, plus fort et réestimer ses capacités.
Pour certaines d'entre elles, j'aurais payé cher pour être ailleurs et non engagé à ce moment-là. Pas une once de plaisir à l'idée de me retrouver devant l'obstacle le lendemain et un organisme aux tensions palpables.
Pourquoi pas de plaisir ?
Et le plaisir ? Il est dans le travail de préparation. Il est dans le fait de montrer à mon « jury » à quel point je suis content d'être là, de montrer mes nouvelles compétences, d'aller chercher la reconnaissance de mon travail, d'accepter mes erreurs, d'être repris et corrigé pour apprendre et progresser, toujours.
Et il disparaît, le plaisir, lorsqu'il est pris en otage par la peur. Mais la peur de quoi ? D'échouer ? Mais échouer en quoi ?
La valeur intrinsèque est inconditionnelle
En creusant avec les coaché(e)s, je constate que l'image de soi et la valeur de soi (globalement l'estime de soi) sont, la plupart du temps, bien plus un enjeu que l'épreuve en tant que telle. On en oublierait presque l'objectif initial ! L'échec, nous l'avons déjà ; le seul risque est de réussir.
Notre valeur ne dépend ni de nos échecs ni de nos succès. Ceux-ci nous accordent une valeur que je qualifierais de « marchande » — à un instant t, aux yeux d'un marché du travail ou d'une cote de popularité.
La valeur intrinsèque est inconditionnelle. Le reste, c'est de l'apprentissage, du plaisir et des émotions.
La peur en est une : il faut simplement lui rappeler qu'elle n'est pas toute seule et la remettre à sa place. Sa bonne place, c'est de nous mettre en garde ; mais ici, nous ne sommes pas menacés.
« Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends. » — Nelson Mandela
